Femme cadre en home office consultant son solde de tout compte après démission en CDI

Simuler son solde tout compte en CDI après démission pour préparer une rupture sereine

26 juin 2026

Vous venez de rédiger votre lettre de démission, ou vous y pensez sérieusement. Avant de la poser sur le bureau, une question reste en suspens : combien allez-vous réellement toucher à votre départ ? Le solde de tout compte en CDI après une démission ne se devine pas. Il se simule, poste par poste, pour éviter les mauvaises surprises le jour où le virement arrive.

Solde de tout compte après démission : ce qu’il contient vraiment

Le solde de tout compte n’est pas une prime de départ. C’est un document qui liste toutes les sommes que l’employeur vous doit au moment où le contrat se termine. En cas de démission, vous ne touchez aucune indemnité de rupture (réservée au licenciement ou à la rupture conventionnelle).

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Concrètement, votre solde de tout compte en CDI après démission regroupe trois catégories de sommes.

  • Le salaire du dernier mois travaillé, calculé au prorata des jours réellement effectués si vous partez en cours de mois. Si votre dernier jour tombe le 18, vous êtes payé du 1er au 18, pas au-delà.
  • L’indemnité compensatrice de congés payés, qui correspond aux jours de congés acquis mais non pris au moment du départ, y compris ceux de la période en cours d’acquisition.
  • Les éventuelles primes dues : treizième mois au prorata, prime d’ancienneté, prime de vacances si votre convention collective ou votre contrat les prévoit.

Rien d’autre. Pas d’indemnité légale de licenciement, pas de droit automatique à l’allocation chômage. C’est précisément pour cela que la simulation en amont est utile : elle vous montre le montant réel, souvent plus maigre qu’espéré.

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Homme salarié en CDI calculant son indemnité de fin de contrat sur ordinateur portable au bureau

Simuler le salaire restant dû et le préavis de démission

Le premier poste à calculer est le salaire. Prenez votre salaire brut mensuel, divisez-le par le nombre de jours ouvrés du mois de départ, puis multipliez par le nombre de jours que vous aurez réellement travaillés.

Vient ensuite la question du préavis. En CDI, la démission impose généralement un préavis dont la durée dépend de votre convention collective (souvent un mois pour les employés, jusqu’à trois mois pour les cadres). Pendant ce préavis, vous êtes payé normalement. Le préavis effectué est rémunéré comme du temps de travail classique, il entre donc dans le solde.

Si l’employeur vous dispense de préavis à sa propre initiative, il vous verse une indemnité compensatrice de préavis équivalente au salaire que vous auriez perçu. En revanche, si c’est vous qui demandez à ne pas effectuer votre préavis et que l’employeur accepte, aucune indemnité n’est due. La distinction change radicalement le montant final.

Un piège fréquent sur le préavis

Depuis la réforme de 2023, l’abandon de poste est assimilé à une présomption de démission (article L1237-1-1 du Code du travail). Un salarié qui quitte son poste sans respecter la procédure est réputé démissionnaire. Il perd alors toute indemnité de rupture et tout droit à l’allocation chômage. Simuler un départ « forcé » en cessant de venir travailler ne produit plus l’effet escompté.

Indemnité compensatrice de congés payés : les deux méthodes de calcul

C’est souvent le poste le plus sous-estimé dans une simulation de solde de tout compte. Deux méthodes coexistent, et l’employeur doit appliquer la plus favorable au salarié.

La première, dite du dixième, consiste à prendre la rémunération brute totale perçue pendant la période de référence (du 1er juin au 31 mai) et à en calculer un dixième. Ce dixième correspond à la valeur de vos congés acquis sur la période.

La seconde, dite du maintien de salaire, compare ce résultat au salaire que vous auriez touché si vous aviez continué à travailler pendant vos jours de congés restants. L’employeur retient la méthode qui donne le montant le plus élevé.

Le cas des congés après maladie longue

La loi DDADUE du 22 avril 2024 a introduit un report de quinze mois des congés payés non pris en raison d’un arrêt maladie. Si vous démissionnez après une longue absence pour maladie, vos congés reportés s’ajoutent au solde. Cela peut représenter une somme significative que beaucoup de salariés oublient d’intégrer à leur simulation.

Personne consultant un simulateur de solde de tout compte sur tablette à domicile avant démission

Primes et éléments variables : ce qui entre dans la simulation

Avez-vous un treizième mois prévu par votre convention collective ou votre contrat ? Si oui, il est dû au prorata temporis. Vous partez fin août ? Vous touchez huit douzièmes de cette prime.

Même logique pour la prime de vacances, la prime d’ancienneté ou toute autre prime contractuelle dont le versement est lié à une présence sur l’année. Les primes discrétionnaires (bonus exceptionnel décidé par l’employeur) ne sont en revanche pas garanties, sauf si un usage constant dans l’entreprise les rend obligatoires.

Vérifiez votre convention collective et votre contrat de travail avant toute simulation. Ce sont les deux seuls documents qui listent vos droits réels. Un simulateur en ligne ne peut pas deviner les clauses spécifiques de votre accord de branche.

Construire sa simulation de solde de tout compte pas à pas

Plutôt que de chercher un outil miracle, vous pouvez poser le calcul sur une feuille ou un tableur en suivant cette logique :

  • Notez votre salaire brut mensuel, puis calculez le prorata pour le dernier mois travaillé en fonction de la date de fin de préavis.
  • Comptez vos jours de congés acquis et non pris (période en cours et période précédente), puis appliquez les deux méthodes de calcul pour retenir la plus favorable.
  • Listez toutes les primes prévues par votre contrat ou votre convention collective, et calculez le prorata dû à la date de départ.
  • Additionnez ces trois postes. Le total brut obtenu constitue votre solde de tout compte avant prélèvements sociaux et impôt.

Le montant net versé sur votre compte sera inférieur au brut, car les cotisations sociales salariales et le prélèvement à la source s’appliquent normalement. Prévoyez une différence de l’ordre de la part habituelle entre votre brut et votre net mensuel.

Délai de versement et contestation

L’employeur doit remettre le reçu pour solde de tout compte à la fin du contrat. Le versement intervient généralement dans les deux semaines suivant le dernier jour travaillé. Si vous signez le reçu, vous disposez de six mois pour contester les sommes. Sans signature, le délai de contestation passe à trois ans pour les salaires et à deux ans pour les sommes liées à l’exécution du contrat.

Préparer sa démission sans avoir simulé son solde de tout compte, c’est partir sans connaître le montant exact qui financera la transition. Que votre projet soit un nouvel emploi, une création d’entreprise ou une pause, le calcul prend une heure. Il peut vous éviter de découvrir, trois semaines après votre départ, que le virement ne couvre pas le mois à venir.

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