Oubliez la stabilité rassurante des vieilles monnaies : le cours euro-shekel est tout sauf un long fleuve tranquille. Derrière chaque variation de cette paire de devises, c’est un jeu d’équilibriste qui se joue entre Bruxelles et Tel-Aviv, entre décisions politiques et soubresauts du marché mondial.
Facteurs influençant les fluctuations du cours Euro-Shekel
Politiques monétaires et taux d’intérêt
Impossible de comprendre le comportement de l’euro face au shekel sans scruter les choix des grandes banques centrales. D’un côté, la Banque centrale d’Israël maintient son taux directeur à 0,25 % depuis novembre 2018. De l’autre, la Banque centrale européenne joue la carte des taux bas pour relancer une croissance européenne poussive. Chaque décision, chaque intervention, imprime sa marque sur le marché des devises et les investisseurs le savent : le moindre signal, le plus petit décalage, peut propulser la paire euro-shekel dans une nouvelle direction.
Indicateurs économiques clés
Pour saisir les mouvements du taux de change, il faut surveiller une série d’indicateurs. Voici les principaux leviers qui modèlent la valeur de l’euro face au shekel :
- La croissance économique d’Israël a atteint 3,3 % en 2019, portée par une industrie technologique florissante et l’essor des exportations de gaz naturel.
- L’inflation reste maîtrisée à 0,9 % la même année, alors que plusieurs pays européens peinent à contenir la hausse des prix.
- Le taux de chômage est descendu sous les 4 % depuis juillet 2019, preuve d’un marché du travail solide et dynamique.
- Le déficit budgétaire d’Israël, à 3,6 % du PIB en 2019, pèse toutefois sur la perception de stabilité auprès des investisseurs étrangers.
Commerce extérieur et investissements
Les échanges commerciaux et la vitalité des investissements dessinent aussi le paysage de la paire euro-shekel. Les exportations de services représentaient 2,2 % du PIB israélien en 2019, tandis que le gaz naturel pesait 1,6 % des exportations de biens. Sur le front des capitaux, les investissements directs étrangers dépassaient 5 % du PIB en 2017 et 2018 : Israël continue d’attirer les fonds internationaux, et cette confiance se répercute sur la devise nationale. Ajoutez à cela les mouvements sur le marché des changes, et l’on obtient une scène monétaire où chaque acteur influence la trajectoire de l’euro et du shekel.
Stratégies pour gérer la volatilité de la paire Euro-Shekel
Utilisation des contrats à terme
Face à la volatilité, certains outils s’imposent avec pragmatisme. Les contrats à terme sont utilisés pour fixer un taux de change à l’avance. Ce mécanisme permet aux entreprises d’enrayer l’incertitude : un exportateur israélien sécurise ses factures en euros, tandis qu’un importateur européen sait à quoi s’attendre côté budget shekels. C’est une barrière contre les mauvaises surprises, ni plus ni moins.
Options de change
Autre solution : les options de change. Ce système laisse la porte entrouverte : il offre la possibilité d’acheter ou de vendre une devise à un prix fixé, avant une échéance précise. On gagne en flexibilité par rapport à un contrat à terme classique : si le marché évolue dans le sens espéré, l’opportunité reste saisissable.
Ordres stop-loss
L’utilisation d’ordres stop-loss est une méthode éprouvée pour limiter les risques. Dès qu’un seuil prédéfini est atteint, la devise est automatiquement achetée ou vendue. Ce réflexe protège contre les retournements soudains, notamment lors de périodes de forte incertitude géopolitique ou à l’approche d’annonces économiques majeures.
Diversification
Pour réduire la dépendance à un seul taux de change, il est judicieux de diversifier les placements. Mélanger différentes devises et instruments financiers limite l’exposition à la volatilité du duo euro-shekel. Cette approche permet de répartir les risques et d’augmenter la solidité d’un portefeuille face aux mouvements erratiques des marchés.
En combinant ces différentes stratégies, entreprises et investisseurs disposent de véritables leviers pour naviguer dans un environnement où l’incertitude est la règle. Intégrer ces solutions à une gestion rigoureuse des risques, c’est choisir de ne plus subir les caprices du marché, mais d’en tirer parti.
Perspectives économiques et monétaires pour l’Euro et le Shekel
Politique monétaire et taux directeur
La Banque centrale d’Israël poursuit sa stratégie : taux directeur à 0,25 %, inflation contenue à 0,9 % en 2019, croissance soutenue. Mais l’environnement global ne se limite pas à Israël : les Fed Funds américains influencent indirectement l’euro, créant des équilibres mouvants sur le marché des changes. Chaque ajustement de part et d’autre de l’Atlantique redessine les frontières de la volatilité euro-shekel.
Rôle des exportations de gaz naturel
Les champs gaziers Leviathan et Tamar ne sont pas de simples atouts : ils alimentent une partie de l’économie israélienne et renforcent les liens avec l’Égypte et la Jordanie. En 2020, la production du Leviathan représentait déjà 0,3 % du PIB national. Ces exportations, qui pèsent 1,6 % du total des biens vendus à l’étranger, apportent de la stabilité à la balance commerciale et, par ricochet, au shekel.
Évolution de la croissance économique
Israël affiche une croissance de 3,3 % en 2019, taux de chômage sous les 4 %, déficit budgétaire de 3,6 % du PIB : la dynamique économique reste solide. Les investissements directs étrangers dépassent les 5 % du PIB sur deux années consécutives, tandis que les exportations de services s’établissent à 2,2 % du PIB. Ces chiffres traduisent l’attractivité et la résilience du pays.
Pour synthétiser la situation actuelle, voici deux points à garder en tête :
- Euro : taux de change actuel : 4,30 shekels.
- Proposition de la Banque centrale : 4,25 shekels pour un euro.
Au fil des publications économiques et des décisions de politique monétaire, la paire euro-shekel continue d’écrire sa partition, parfois avec éclat, parfois à contretemps. Impossible de prévoir la note suivante : ceux qui observent de près ces deux devises savent que le tempo peut changer du jour au lendemain.


