Entre 2019 et 2023, l’indemnité maximale des maires a augmenté de plus de 18 % pour certaines catégories de communes, en vertu d’un décret peu médiatisé. Cette évolution a entraîné des ajustements budgétaires notables dans de nombreuses collectivités locales.
La révision des barèmes prévue pour 2026 s’annonce déjà comme un enjeu de taille, avec des effets directs sur les charges communales et, par ricochet, sur la fiscalité locale. Les disparités entre petites communes rurales et grandes agglomérations restent importantes, tant en termes de montants que de marges de manœuvre financières.
Rémunérations des maires en 2026 : des écarts marqués selon la taille des communes
Derrière la question de la rémunération des maires en 2026, une réalité saute aux yeux : selon le nombre d’habitants, le montant de l’indemnité peut varier du simple au septuple. Le code des collectivités territoriales fixe un cadre précis à cette indemnité de fonction, mais la fourchette reste large. À Paris, le plafond s’élève à 7 912,76 euros bruts mensuels ; dans une commune de moins de 500 habitants, il se limite à 1 048,2 euros. Entre ces extrêmes, une série de paliers détermine la rémunération.
Voici les critères qui pèsent dans la balance et expliquent ces différences parfois spectaculaires :
- Population : critère clé pour la fixation des plafonds
- Indice terminal de la fonction publique : base du calcul indemnitaire (actuellement 4 110,52 euros)
- Délibération du conseil municipal : possibilité d’ajuster à la baisse l’indemnité versée
Les adjoints au maire ne sont pas oubliés, mais leur rémunération reste inférieure à celle du maire. Selon la taille de la commune, un adjoint touche entre 406,9 euros (dans les villages) et 2 980,1 euros bruts mensuels (dans les grandes villes). Le statut de l’élu local intègre aussi le remboursement de certains frais, comme les déplacements ou la garde d’enfants, pour éviter de décourager les candidatures.
Le mandat de maire n’est pas un emploi salarié. L’indemnité vise à compenser le temps, la charge mentale et la responsabilité. Mais le conseil municipal garde la main sur le montant final, et certains maires choisissent d’eux-mêmes de toucher moins que le plafond. En filigrane, la tension persiste entre l’attractivité du poste et la prudence budgétaire, surtout dans les territoires où chaque euro compte.
Revalorisation des indemnités : quels effets concrets sur vos impôts locaux à l’approche des municipales ?
Depuis la promulgation de la loi Gatel à la fin de l’année 2025, le paysage des indemnités des maires a basculé, en particulier dans les petites communes. Les maires de moins de 1 000 habitants bénéficient désormais d’une hausse de 10 %. Cette mesure vise à rendre le mandat plus attractif face à la raréfaction des candidatures et à l’alourdissement des responsabilités. Mais derrière cette intention affichée, une question demeure : qui paie vraiment l’addition ?
Pour les collectivités territoriales, la charge financière de cette revalorisation se répercute sur les budgets locaux. Dans les communes rurales, où les marges sont minces, chaque augmentation nécessite un arbitrage serré. La taxe foncière reste la variable d’ajustement privilégiée. C’est le maire qui propose, mais le conseil municipal qui décide. Si une hausse de l’indemnité ne provoque pas automatiquement une flambée de la fiscalité locale, elle pèse sur la capacité à investir ou à maintenir certains services, surtout quand la dotation globale de fonctionnement reste stable et que l’État ne compense pas systématiquement ces évolutions.
La question de l’ajustement à la baisse de l’enveloppe indemnitaire existe en théorie : le conseil municipal possède ce pouvoir, mais à la veille des élections, rares sont ceux qui prennent ce risque. Les grandes villes, mieux dotées en ressources, encaissent l’évolution sans heurts majeurs. Mais dans les villages et les petites villes, chaque euro supplémentaire alloué à la fonction d’élu local devient un sujet de débat. Pour beaucoup, la fiscalité locale reste un marqueur sensible, et la moindre augmentation d’indemnité peut vite devenir une affaire publique.
À l’approche de 2026, la question n’est donc pas uniquement technique. Elle touche à l’équilibre entre reconnaissance du rôle du maire et vigilance sur les finances publiques. Un équilibre qui, selon la commune, ne se négocie jamais de la même façon. Les indemnités montent, la vigilance des contribuables aussi.


